- qu'un article de Paris-Soir, cité par M. G... dans Un antisémitisme ordinaire (p. 153), annonce en gros titre à la une
du quotidien du 7 janvier 1942 la tenue la veille, sous la présidence du bâtonnier B... et avec la participation de M.
Y..., mais en l'absence de M. A..., d'une réunion du conseil de l'ordre du barreau de Paris dont l'objet était de recevoir
communication d'un arrêt ayant prononcé « l'omission » de 246 avocats israélites et de sélectionner, conformément au
décret du 17 juillet 1941, parmi eux ceux dont les mérites étaient suffisamment éminents pour être maintenus,
#14 bagarre
- que dans son n° 6 de mars 1944, le Palais libre, organe clandestin du Front national des juristes (dont M. W... était la
cheville ouvrière) fait paraître, probablement sous la plume du bâtonnier B..., une notice nécrologique de M. Y... qui,
tout en présentant le défunt comme un avocat des plus consciencieux, « il l'était jusqu'au bout de l'âme, avec entrain,
avec passion, avec foi... La cause qu'il avait accepté de défendre devenait la sienne. Il se jetait à corps perdu dans la
bagarre … », relève qu'il ne s'est « livré à aucune activité clandestine et n'appartenait à aucune organisation de
Résistance »,
2) Les documents de l'après-guerre :
- que selon Mme Liora E... (Robes noires, années sombres, op. cit. p. 252), M. W... a rédigé le 11 décembre 1945, en
faveur de M. Y..., une « attestation posthume de résistant », déclarant que son confrère a été l'avocat de M. K...,
ancien député communiste, et de M. L..., dont il aurait assuré la liaison avec la Résistance avant leur exécution
respectivement en septembre et décembre 1941,
#15 copie certifiée conforme
- que la partie civile produit la copie certifiée conforme par la mairie du Cannet (Alpes-Maritimes) d'un certificat du
Dr M..., médecin à Cannes, en date du 15 décembre 1945 insistant sur le fait qu'au cours des divers séjours qu'il fit
dans cette ville en 1941-1942, M. Y... était bien portant, tandis « qu'il semble incontestable que son séjour à la prison
de Fresnes est entièrement responsable des accidents mortels qu'il a présentés » depuis son arrivée en wagon-lit le 27
novembre 1943 jusqu'à sa mort le 27 janvier 1944 par affaiblissement du myocarde, ainsi que la copie certifiée
conforme par le maire de la même commune le 7 janvier 1946 de la « dernière lettre de M. K... », écrite à la Santé le
22 septembre 1941, veille de son exécution, pour adresser ses remerciements à Me Y..., qui l'avait assisté lors du
procès devant la section spéciale,
- que Me Y..., qui figure sur la liste des avocats à la cour d'appel de Paris, fusillés, morts en déportation ou disparus
au service de la patrie 1939-1945, apposée sur le monument aux morts de la bibliothèque des avocats parisiens, a reçu
la médaille de la Résistance française par décret du 24 avril 1946 (J. O. 17 mai 1946), s'est vu délivrer le 7 août 1946
par le Ministère des anciens combattants un certificat attestant qu'il était « mort des suites des mauvais traitements
subis pendant sa détention par les autorités d'occupation » et portant la mention « Mort pour la France », a fait l'objet
d'une citation à l'ordre de la Nation du 7 juillet 1948 pour son dévouement à la « défense des prévenus politiques
traduits devant les tribunaux d'exception » et son « refus de violer le secret professionnel », enfin obtenu le 21 janvier
1952 un certificat d'appartenance à la Résistance intérieure française, en tant que membre « isolé » du 25 juin 1940
au 1er juillet 1941 et en tant que membre du Front national judiciaire de cette date à sa libération le 11 octobre 1943,
#16 rue
- qu'en 1956, une rue du 20ème arrondissement est inaugurée et dédiée à Me Y... (1883-1944), « avocat résistant
fusillé par les Allemands » (discours de J.- M. N..., infra),
- que le ministre des anciens combattants et victimes de guerre a cependant pris, le 9 novembre 1961, sur l'avis
conforme de la Commission nationale des déportés et internés résistants (CNDIR), une décision de rejet de la
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