xénophobes de la profession », été présente à chacun des congrès de cette organisation, puis représentée dans son comité de direction, - que comme la plupart des organisations professionnelles d'avocats, marquées au long des années trente par la xénophobie et la peur de la crise (notamment l'ANA), l'UJA, ainsi qu'elle le reconnaît d'ailleurs sans ambages dans sa plaquette éditée à l'occasion de ses 80 ans (La couleur UJA... p. 10), a prôné un contrôle restrictif de l'accès à la profession, que M. G... qualifie dans l'avant-propos d'Un antisémitisme ordinaire, Vichy et les avocats juifs 19401944 (de contraire à l'idéal d'égalité des avocats, et a eu recours à une législation xénophobe ; - que les analyses proposées par Mme E..., M. I... et Mme J..., tous trois spécialistes de la pensée des professions judiciaires dans les années 1930 et de leur résistance sous l'Occupation, convergent pour souligner la mobilisation xénophobe, voire antisémite, des avocats, « à la fois les principaux demandeurs et les principaux bénéficiaires de la loi » de 1934, qu'ils ont « portée » jusqu'à sa promulgation, selon l'expression de l'auteur de Robes noires, années sombres, et ce avec « un rôle décisif » de l'UJA de Paris « dans l'instauration de ce projet, précurseur des législations semblables qui seront mises en place pour les médecins et les professions bancaires notamment » (G. Noiriel, Le creuset français p. 285 et s.), ; qu'au mois d'août 1940, le bâtonnier M. B..., lui-même membre honoraire de l'UJA, a approuvé le principe d'une législation renforçant celle de 1934, puis adressé au gouvernement de Vichy un nouveau projet de réforme de la profession, rétroactif et plus strict encore que le texte finalement voté le 10 septembre 1940 (C. Fillon, Le barreau de Lyon dans la tourmente, p. 59-60), avant d'émettre à la Libération le souhait du maintien de ces mesures par une délibération de l'ordre, en date du 15 octobre 1944, et d'observer en 1949 qu'au barreau de Paris, « il y a toujours eu une question juive » (Au service de la liberté) ; que M. H..., conservateur des archives de l'ordre des avocats du barreau de Paris, conclut son étude des délibérations du conseil de l'ordre de 1940 à 1945 (Le barreau de Paris pendant la seconde guerre mondiale) en soulignant que les avocats « ne protestent pas contre l'exclusion (...) de plus de trois cents de leurs confrères, victimes d'une législation xénophobe et antisémite, mais aussi rétroactive, qui bafoue les principes élémentaires du droit (...), au contraire, ils prennent des décisions permettant d'assurer l'application de ces textes et, en se livrant à des sélections parmi les exclus, pratiquent une discrimination qui fait apparaître l'ordre comme complice de l'oeuvre de Vichy …, que suivant l'observation de M. G... (Un antisémitisme ordinaire, op. Cit.), « le bâtonnier et le conseil de l'ordre ne manquaient pas de critiquer, voire de combattre certaines mesures prises par Vichy lorsqu'elles leur paraissaient attentatoires aux principes traditionnels d'indépendance de la profession », telle l'affaire de la réintégration d'office d'un ancien avocat radié en mai 1943, à l'origine d'un tournant important en ce qui concerne l'audience et les effectifs du Front national judiciaire parmi les avocats, attitude qui valut d'indiscutables titres de résistance à nombre d'entre eux et la croix de guerre à l'Ordre des avocats de Paris ; que, quant au grief d'instrumentalisation de la mémoire de M. Y..., les pièces communiquées tant par le prévenu pour justifier sa bonne foi que par la partie civile pour les contredire mettent en évidence les éléments suivants, qu'il convient de regrouper chronologiquement : 1) Les documents datant de l'Occupation : #13 conseil de l ordre - qu'un arrêté du 28 janvier 1941 édicté par le bâtonnier B... en application de la loi du 10 septembre 1940 réglementant l'accès au barreau établit que M. Y..., membre du conseil de l'ordre depuis 1938, a siégé avec vingt autres de ses vingt-quatre membres lors de la séance du conseil prononçant le « non maintien », c'est-à dire la radiation, d'Haïm dit Henri F..., avocat juif, en dépit des gages d'intégration à la communauté française que celui-ci invoquait pour bénéficier d'une exception légale, tandis que le discours prononcé en son souvenir le 12 novembre 1975 relève qu'il « avait trouvé en France une terre d'asile, où il vécut respecté, estimé comme il le méritait », seule « la guerre de 1939 l'obligeant à abandonner provisoirement notre robe », Page 10 sur 16

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