remettre à Robert le prix de l'infréquentabilité et de l'insolence, Jacky dans son habit de lumière. Photographes,
lâchez-vous … ! " qu'entre sur scène un homme vêtu d'un pyjama à carreaux, trop grand pour lui, portant sur la
poitrine une étoile jaune sur laquelle figure le mot " Juif " et tenant à la main un objet ressemblant à un chandelier à
trois branches sur lequel sont piquées trois pommes ; que l'objet est remis à Robert D... ; que M. X... poursuit : "
Regardez ce scandale, appréciez, ovation … " cris dans le public : " D... a raison ", " Il a gagné … ". Robert D... dit
alors : " Écoute, tu nous dis : " J'ai fait le con ". C'est sûr … mais ce soir, tu es vraiment en train de faire le con ". M.
X... : " C'est la plus grosse connerie que j'ai faite ". Robert D... reprend alors la parole pour remercier le public
d'accueillir en lui " un gangster de l'Histoire ", précisant : " C'est " Le Monde " qui l'a dit et " Le Monde " a toujours
raison " et relate les violences, les " traitements spéciaux " dont il a fait l'objet " dix fois ", Dieudonné X... ajoutant
que l'intéressé a été " tabassé par les milices sionistes " ; que l'invité de la soirée s'exprime ensuite ainsi : " Vous ne
savez pas ce que je dis ni ce que je maintiens … Certains d'entre vous ou la plupart d'entre vous ne savent pas ou
savent ce que les médias osent dire à mon propos, toutes les sottises qu'ils peuvent prêter aux révisionnistes … Vous
savez qu'il existe en France une loi spéciale qui va permettre à notre ami de se retrouver à la 17ème chambre d'ici peu
de temps, comme moi j'y ait été un nombre de fois que je ne peux pas vous dire. Je veux simplement vous dire ceci,
c'est que je n'ai pas le droit, c'est la loi, comme tu disais si bien. Je n'ai pas le droit de vous dire ce qu'est en réalité le
révisionnisme, que ces gens-là appellent le négationnisme (applaudissements dans la salle) mais je peux vous dire …
Oui enfin s'ils tiennent à m'appeler négationniste je les appelle affirmationnistes et vous écrirez le mot comme vous
voudrez (applaudissements). Voilà … écoutez moi bien … voilà 34 ans, 1974-1998 que je suis traité dans mon pays
en Palestinien. Je suis traité en Palestinien et je ne peux m'empêcher de faire cause commune avec eux … " ; que M.
X... conclut alors la soirée en ces termes : " Je réitère notre soutien indéfectible à la Palestine … Il faut
malheureusement arrêter … De toute façon, votre présence ici, notre poignée de main, est déjà un scandale en soi et
sachez que dès demain le débat sera lancé et vous aurez tous l'occasion à mon avis de le suivre. Liberté d'expression,
merci à tous, merci de votre solidarité, mes respects, chapeau bas. Liberté d'expression " ; que, sur le délit poursuivi,
ainsi que l'a rappelé le tribunal, l'alinéa 2 de l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse définit
l'injure comme " toute expression outrageante, terme de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait
", l'article 33, alinéa 3, de la même loi punissant spécialement l'injure commise " envers une personne ou un groupe
de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation,
une race ou une religion déterminée " par l'un des moyens visés à l'article 23 de ladite loi soit les " discours, cris ou
menaces proférés dans des lieux ou réunions publics ", les " écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes,
images ou tout autre support de l'écrit, de la parole ou de l'image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans
des lieux ou réunions publics ", les " placards " ou " affiches exposés au regard du public " ou " tout moyen de
communication électronique " ; que, se référant, ce qu'il ne conteste pas, à l'écrivain M. E... qui l'a, dit-il, accusé par
le passé d'avoir organisé au Zénith " le plus grand meeting antisémite depuis la dernière guerre mondiale ", M. X... se
donne pour ambition de faire mieux cette fois-ci " ; que, joignant par deux fois le geste à la parole, remontant sa main
droite le long de son bras gauche jusqu'à l'épaule, M. X... explique au public qu'il s'agit de " leur glisser une quenelle
", une expression imagée évoquant à l'évidence la sodomie : " si ça glisse, c'est plus souple, c'est plus agréable qu'une
gifle " a-t-il déclaré devant la cour ; que, c'est en vain que le prévenu soutient dans ses conclusions que son message
n'était pas destiné " à un groupe de personnes, en l'occurrence, la communauté juive, mais à certains de ses
représentants avec lesquels il est en controverse, dont notamment le chroniqueur de l'hebdomadaire " Le Point ", la
suite de ses propos et la mise en scène organisée par ses soins démontrant sa volonté de cibler l'ensemble de la
communauté juive ; qu'il annonce, en effet, la venue d'une personne " qui va les faire grimper aux rideaux ", " un
scandale à lui tout seul ", " la personne la plus infréquentable de France ", précisant que l'intéressé a été " tabassé par
le Betar et la LDJ ", " des milices sionistes ", et qu'il développe " des thèses qui sont les siennes " ; qu'entre alors sur
scène M. D..., notoirement connu pour ses thèses négationnistes qui lui ont valu bon nombre de condamnations et que
M. X... fait applaudir par le public, la soirée perdant ainsi son caractère de spectacle et présentant, dès lors, les
caractéristiques d'un meeting ; qu'ayant pour objectif de " faire mieux " en matière d'antisémitisme, le prévenu ne
peut sérieusement soutenir, ainsi qu'il l'a fait devant le tribunal et devant la cour, qu'il ne connaissait son invité qu'au
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