d’expression, merci à tous, merci de votre solidarité, mes respects, chapeau bas. Liberté d’expression. Merci à vous,
merci de votre solidarité. Mes respects, chapeaux bas. Liberté d’expression. ».
9. Les enquêteurs procédèrent à l’audition de J.S., régisseur de son et lumière du spectacle. Celui-ci indiqua faire un
passage sur scène lors de chaque représentation, dans le cadre d’un sketch par lequel le requérant entendait réagir
contre la proposition de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, de faire parrainer chaque enfant de CM2
par un enfant mort en déportation. Il précisa qu’à ce moment du spectacle, il entrait sur scène en costume rayé avec
une étoile jaune en déclarant ne pas avoir envie de porter ce costume, trouvant cela ridicule ; le requérant lui
répondait « c’est la loi, (...) un membre du théâtre doit porter le costume d’un déporté juif, c’est obligatoire. N’oublie
pas que les juifs ont souffert » ; J.S. répondait que « les juifs ont souffert autant que les autres » et le requérant lui
démontrait « qu’ils ont souffert beaucoup plus ». Ce dernier expliquait ensuite que c’est J.S. qui avait été choisi pour
porter ce costume parce qu’il était « le plus maigre » et lui demandait de dire au public « n’oubliez pas » avant de
quitter la scène.
10. J.S. expliqua également avoir confectionné lui-même le costume à partir d’un pyjama acheté au « BHV » (Bazar
de l’Hôtel de Ville) affirmant regretter que celui-ci rappelle le costume de déporté et précisant que cette ressemblance
était due à l’insuffisance de choix dans ce magasin. Il ajouta que le requérant avait souhaité et annoncé une « surprise
» pour la représentation au Zénith du 26 décembre 2008. Il indiqua ne pas avoir été surpris par le choix de faire
monter sur scène Robert Faurisson, compte tenu « du pli pris par Dieudonné depuis deux ans dans ses apparitions
publiques (participation au meeting bleu blanc rouge, présence au côté de Jean-Marie Le Pen le soir du premier tour
des élections présidentielles et parrainage de sa fille par M. Le Pen) ». Il précisa qu’il était prévu qu’il garde sa tenue
de déporté pour remettre un prix à Robert Faurisson et que ce dernier devait dire « du Céline » et déclarer vouloir se
faire empailler à la gare Saint-Lazare après sa mort. Il affirma enfin avoir regretté cette scène, n’ayant pas apprécié
que le requérant fasse acclamer l’invité ni les propos tenus par celui-ci.
11. Les enquêteurs découvrirent sur internet un enregistrement d’une représentation du spectacle du requérant du 1er
janvier 2009, au cours duquel celui-ci échangeait avec J.S. à propos de la scène litigieuse. Il expliquait notamment :
« La quenelle que je viens de leur mettre là, (...), c’est une bombe médiatique artisanale de ma fabrication (...).
Pour le matériel, il fallait que je trouve plus fort que Le Pen... Ben ouais, tu ne peux pas faire deux fois un coup avec
le même personnage. Moi je ne suis pas au front national, j’en ai rien à foutre de ça, bon le mec est sympa, là on s’est
bien amusé mais bon... et donc c’était pas évident de trouver plus infréquentable que Le Pen, c’est quasiment
infréquentable... Moi j’ai fait toutes les poubelles du show business, ça m’a mis deux mois avant de le trouver, il était
là, tout seul au milieu des feuilles de salade. Un diamant, l’élu. »
12. Le 27 janvier 2009, le requérant fut entendu par les enquêteurs. Il expliqua avoir souhaité que son passage au
Zénith reste gravé dans les mémoires, en associant à son image de « paria médiatique » un symbole de
l’infréquentabilité. Il précisa connaître la réputation « sulfureuse » de Robert Faurisson mais ne pas savoir
initialement ce qui en était à l’origine. Il ajouta que la seule idée qui lui avait été transmise par l’intéressé était la
contestation de la déportation des esclaves noirs à Gorée. Il affirma avoir découvert postérieurement, sur internet,
dans l’intervalle entre sa rencontre avec Robert Faurisson et sa venue sur scène, que celui-ci contestait également
l’existence des chambres à gaz. Il confirma qu’il avait été prévu que l’intéressé parlerait de son désir d’être empaillé
à la gare Saint-Lazare et citerait une réplique de Céline. Il déclara lui avoir néanmoins laissé un espace de liberté
d’expression et n’avoir rien entendu de choquant de sa part, regrettant simplement que son discours n’ait pas été
assez drôle. Il précisa avoir souhaité lui faire remettre le prix de l’infréquentabilité par J.S. en tenue de déporté,
estimant que cette image était provocante. Robert Faurisson n’en avait pas été informé à l’avance. S’agissant du
chandelier accompagné de trois pommes remis à ce dernier, le requérant indiqua que c’est ce qu’il avait trouvé de
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