publiquement dans la salle de spectacle Le Zénith le 26 décembre 2008, poursuivis par le ministère public, l’a condamné à une peine d’amende et à indemniser diverses associations se proposant par leurs statuts de combattre le racisme et qui s’étaient constituées parties civiles » (sic). 16. Les juges motivèrent leur décision comme suit : « Dans les propos incriminés, Dieudonné M’Bala M’Bala introduit ce qui va suivre en expliquant à son public l’intention qui l’a guidé. Relevant que le précédent spectacle qu’il avait donné dans la même salle a été qualifié - par quelqu’un dont le nom est rendu inaudible par les huées qu’il soulève dans le public, mais que le prévenu a identifié en la personne de Bernard-Henri Levy - de « plus grand meeting antisémite depuis la dernière guerre mondiale », il indique qu’il a décidé qu’il fallait qu’il « fasse mieux » qu’en cette occasion, chacun comprenant qu’il s’agit là d’une antiphrase et que l’ambition qu’il affiche est bien de faire pire. Dieudonné M’Bala M’Bala expose encore que son objectif ultime est de « leur glisser une quenelle comme y fallait » ; cette expression imagée renvoie - de façon assez claire, quoiqu’elle semble avoir été spécifiquement forgée par le prévenu - aux registres de la scatologie et de la sodomisation. Il ne précise pour autant pas qui est censé être la victime de ce « glissage de quenelle », selon l’expression qu’il emploie quelques secondes plus tard, mais a déclaré à l’audience qu’il visait les « médias », au « fondement » desquels il destinait la dite « quenelle ». Il résulte cependant de ce qui suit que c’est un autre groupe qu’il vise. Dieudonné M’Bala M’Bala dévoile en effet à son public l’idée qu’il a eue et qui doit lui permettre de réaliser cet objectif de faire pire que l’an passé, tout en restant dans le registre, qui lui avait alors été imputé, de l’extrême antisémitisme. Il annonce avoir invité la « personne la plus infréquentable de France », qu’il présente comme la victime des « milices d’occupation israélienne » (il dira plus loin « les milices sionistes ») et, de façon cryptée, comme un homme « qui a développé [...] des thèses qui sont les siennes ». C’est alors Robert Faurisson qu’il introduit et fait acclamer par son public avant de lui faire remettre « le prix de l’infréquentabilité et de l’insolence ». Ce faisant, il ne peut que faire référence à ce par quoi cet ancien universitaire s’est fait largement connaître, à savoir la négation de la réalité du génocide des juifs perpétré par le régime nazi. Dieudonné M’Bala M’Bala a déclaré, à cet égard, au cours de l’enquête ordonnée par le ministère public, puis à l’audience, qu’il ignorait que Robert Faurisson était, en France, un des principaux tenants des thèses négationnistes et avait été notamment condamné pour le délit prévu par l’article 24 bis de la loi sur la liberté de la presse. Il a affirmé, au contraire, qu’il ne connaissait celui qu’il avait choisi d’inviter que pour avoir remis en cause que la maison dite des esclaves, située à GORÉE, au Sénégal, ait bien été un lieu d’embarquement des victimes de la traite négrière. Ces affirmations sont, cependant, dépourvues de toute vraisemblance, compte tenu tant de la notoriété du négationnisme de Robert Faurisson que de l’objectif affiché par le prévenu. Dieudonné M’Bala M’Bala ne saurait sérieusement prétendre, en effet, qu’il ambitionnait de faire pire dans l’antisémitisme - ainsi qu’il l’annonce à son public dans les propos poursuivis - et, plus généralement, de se livrer à la plus extrême des provocations - en cherchant et trouvant « plus infréquentable que Le Pen », pour reprendre les mots qu’il utilise le 1er janvier 2009 en commentant sa prestation du Zénith, (...) mais qu’à cette fin, il aurait invité quelqu’un qui aurait seulement tenu d’hypothétiques propos pour nier, non pas la réalité de la traite négrière occidentale comme il le suggère abusivement, mais l’authenticité d’un de ses lieux emblématiques. Par ailleurs, le libellé même du prix qu’il entend remettre à Robert Faurisson renvoie à des valeurs positives, aux yeux du prévenu - qui se présente en victime, elle aussi infréquentable, des puissants et des tenants des idées communément admises -, comme du public que lui a précisément acquis cette posture. Page 6 sur 15

Select target paragraph3