L'article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 punit ceux qui auront publiquement contesté l'existence d'un ou plusieurs
crimes contre l'humanité tels qu'ils sont définis par l'article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à
l'accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle
en application de l'article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction
française ou internationale.
#4 délit visé
La contestation de l'existence de crimes contre l'humanité entre dans les prévisions de ce texte même si elle est
présentée sous une forme déguisée ou dubitative ou par voie d'insinuation.
Le sens et la portée des propos doivent être apprécies par rapport à la perception et la compréhension de l'internaute
moyen qui en prend connaissance à la date de leur diffusion, en tenant compte des éléments intrinsèques et
extrinsèques au support en cause, à savoir tant du contenu même des propos que du contexte dans lequel ils
s'inscrivent.
La jurisprudence a élargi l'appréciation du délit visé au 1er alinéa de l'article 24 bis en considérant notamment que les
réductions outrancières tant du nombre effectif que de la qualité réelle des victimes de la Shoah, comme la
minoration de leurs souffrances et la banalisation des crimes nazis, caractérisent le délit de contestation de crime
contre l'humanité. En l'espèce, les propos poursuivis sont les suivants :
"Chaussure et cheveux font référence aux lieux de mémoire organises comme des lieux de pèlerinage. On y met en
scène des amoncellements de ces objets, afin de frapper les imaginations. Au musée de l'Holocauste à Washington la
légende du tas de chaussure dit : "We're the last witnesses".
#5 avoir
La coupe des cheveux se pratique dans tous les lieux de concentration et s'explique par l'hygiène, sans laquelle les
parasites et la vermine tels les poux prolifèrent, véhicules de virus comme le typhus, synonymes de maladie et de
mort.
Sur l'histoire de ces cheveux lire Robert Faurisson, Les cheveux d'Auschwitz.
La récupération des chaussures est normale : en temps de pénurie tout est recycle.
Savon et abat-jour font référence à la propagande de guerre. Au procès de Nuremberg les ennemis de l'Allemagne
vaincue sont allés jusqu'à accuser les Allemands d'avoir produit du savon avec la graisse de juifs, et d'avoir
confectionné un abat-jour de peau juive.
En fait de peau, il s'agissait de cuir de chèvre ou maroquin (expertise demandée par le Général Lucius Clay) ; quant
au savon, lire Robert Faurisson Le savon juif. Et Raul Hilberg, La destruction des juifs d'Europe, Fayard, 1988, page
837, note 27 : "La rumeur relative au savon semble avoir été particulièrement insistante. (...) La rumeur du savon se
perpétua même après la guerre. Des savonnettes, qui auraient été confectionnées avec la graisse de Juifs morts sont
conservées en Israël et par Yivo Institute de New York." Georges Wellers voyait dans le savon "le produit d'une
lugubre imagination sans aucun fondement, née au milieu des horreurs des camps
#6 victimes
C'est à tort que certaines des parties civiles soutiennent qu'il s'agirait d'une claire contestation de la réalité de
l'extermination des juifs dans les camps nazis à travers la mise en scène des preuves de cette extermination que
constituent les tas de chaussures et de cheveux exposés dans le musée du camp d'Auschwitz.
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